Étymologie du nom de l'île de Campoon
LE RÉCIT VÉRITABLE D'AELARA (LA VERSION DE LA DÉESSE)
Aelara raconte l'histoire à Lex comme elle seule peut le faire — mi-berceuse, mi-chronique, mi-avertissement.
Elle commence ainsi :
« Les noms sont des accidents qui deviennent des destins. »
Puis elle explique :
Bien avant que le brouillard ne juge les cœurs, bien avant que les étincelles ne choisissent leurs porteurs, bien avant que Perry, Lex ou Terra ne foulent l'île, les habitants originels vivaient sans écriture.
Leur histoire était souffle.
Leur mémoire était chant.
Leur vérité était parlée, jamais gravée.
Lorsque les humains ont campé pour la première fois de l'autre côté de l'eau, les créatures de l'île ont écouté.
Elles ont toujours écouté.
Elles ont entendu :
- des murmures
- des chants
- des prières
- des avertissements
- de la peur
- de la fascination
Les humains ne savaient pas que l'île était vivante.
Ils ne savaient pas que le brouillard écoutait.
Ils ne savaient pas que les créatures comprenaient le rythme bien avant de comprendre le langage.
Les humains chantaient :
« HA‑OOOONNA, HA OOM ! »
Aelara dit à Lex :
« Les humains parlent aux dieux même quand ils n'y croient pas. »
Les créatures ont entendu le chant.
Elles l'ont imité.
Elles l'ont façonné.
Elles se le sont approprié.
Et de ce chant sont nées deux origines possibles — toutes deux vraies, toutes deux remémorées, toutes deux sujettes à débat.
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VERSION UNE — LES BRISEURS DE CAMP
Aelara dit :
« Un groupe s'est lassé du bruit. »
C'étaient les audacieux — ceux qui sautent des falaises, ceux qui courent dans la nuit, ceux qui dansent avec le brouillard.
Ils ont traversé l'eau pour réduire les humains au silence.
Non pour leur faire du mal.
Juste pour leur faire peur.
Pour mettre fin au camp.
Les humains ont fui.
Les créatures sont revenues triomphantes.
Le brouillard a murmuré :
« Camp‑enders » (ceux qui finissent le camp).
Avec le temps, le mot s'est adouci.
A dérivé.
S'est courbé.
Est devenu :
Campoons.
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VERSION DEUX — LES GENS DU CAMP
Aelara rit quand elle raconte celle-ci.
Un autre groupe — plus petit, plus doux, curieux — a traversé l'eau pour fouiller.
Ils voulaient :
- de la nourriture
- des outils
- des objets brillants
- des histoires
Les humains les ont vus.
Et ont crié :
GOONS
Les créatures ne connaissaient pas le mot.
Mais elles aimaient sa sonorité.
Elles l'ont ramené chez elles.
Le brouillard l'a répété.
C'est devenu :
Camp goons.
Qui est devenu :
Campoons.
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LE MOT DE LA FIN D'AELARA
Elle dit à Lex :
« Les noms naissent de malentendus.
Mais ils grandissent pour devenir une vérité. »
L'île n'a pas choisi le nom.
Le brouillard n'a pas choisi le nom.
Les créatures n'ont pas choisi le nom.
Ce sont les humains qui l'ont fait.
Et l'île l'a accepté.
Parce que l'île accepte tout ce qui entre dans sa mémoire.